Le 30 janvier 2026, la Fédération Protestante de France présentait à l’occasion de ses vœux annuels un texte de réflexion et de recommandations sur l’accueil des personnes transgenres dans les Eglises protestantes françaises. Ce document de plus de 60 pages était annoncé comme le fruit de 2 ans et demi de réflexion au sein de la commission éthique et société de la F.P.F, et comme la capacité des Eglises protestantes à produire une parole commune. Il est bien rare que les Eglises abordent publiquement les questions de transidentité, aussi avons-nous accueilli dans un premier temps ce texte avec espoir puis pris le temps de le lire avec attention. Durant le mois dernier, nous avons voulu recueillir des informations sur la façon dont il avait été rédigé, prendre aussi le temps d’en parler entre nous : au sein de notre association ainsi qu’auprès d’autres associations, groupes et collectifs.

Nous communiquons aujourd’hui notre surprise et notre déception face à un document que nous trouvons blessant et dangereux pour les personnes concernées à plusieurs niveaux, tant dans son contenu que dans sa méthodologie. Dans son contenu, nous sommes frappé.e.s de lire un document qui dans sa plus grande moitié réduit la transidentité à un parcours médical et psychiatrique. De ce parcours, il ne reste généralement que des diagnostics : celui de la souffrance revient en permanence dans ce texte, malgré les témoignages des personnes concernées qui parlent, elles, de leur joie. Dans sa méthodologie, si certaines personnes transgenres ont été consultées par la commission, aucune personne concernée n’a été associée à la rédaction de ce document. Ce point nous parait essentiel, et c’est aussi celui que nous privilégions dans les réponses que nous partageons ci-dessous. A l’inverse, le document donne une place importante à des propos et concepts pseudo-scientifiques, issus de discours idéologiquement opposés aux transidentités, et pourtant réfutés par la communauté scientifique. Nous rejoignons les prises de positions publiées par nos associations sœurs de D&J-Arc En Ciel, l’Antenne LGBTI Genève, et l’Antenne inclusive Saint Guillaume de Strasbourg sur les nombreux écueils de ce texte et nous vous invitons à les lire à la fin de ce document.
Nous voulons trouver une juste réponse à ce texte. Dans l’immédiat, un travail de fact checking se révèle nécessaire. Nous avons apporté notre soutien à la lettre ouverte de l’Antenne Inclusive en début de ce mois, pour pointer sans tarder cinq écueils importants du document qui a été publié. Au-delà de ce travail, nous voulons mesurer ce que le document produit par la FPF nous apprend de l’état de méconnaissance des sujets de genre et de transidentité au sein des Eglises protestantes françaises. Il nous apparait aujourd’hui essentiel de proposer des ressources à la disposition de ces Eglises pour mieux comprendre le vécu des personnes transgenres, non binaires et intersexes, ainsi que d’enrichir les horizons théologiques d’une véritable inclusivité au sein du christianisme. Cela passera par un temps de travail au sein de notre association et de nos associations sœurs dans les prochains mois. Et si comme l’annonce ce document, de futures réflexions sont amenées à émerger au sein de la FPF à l’automne 2026, nous espérons y être associé.e.s.
Retours d’associations queer et de personnes concernées :
Deux articles de réactions parus dans Réforme :
La prise de position de D&J-Arc en Ciel : https://www.dj-arcenciel.org/articles/201848-la-fpf-meconnait-la-diversite-et-la-realite-des-parcours-de-personnes-trans
La prise de position de l’Antenne LGBTI Genève : https://antenne-lgbti.epg.ch/2026/02/24/prise-de-position-sur-le-document-de-la-fpf-les-personnes-transgenres/
La Lettre ouverte de l’Antenne inclusive Saint Guillaume de Strasbourg, à laquelle nous joignons notre signature : https://www.dropbox.com/scl/fi/sfozj4n7nnnu5hiumj38z/lettre-ouverte.pdf

