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Miettes de la table no image

Publié le mars 29th, 2010 | par Carrefour des Chrétiens Inclusifs

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Jean 12 : 1-11

29 mars 2010, lundi de la Passion, Jean 12 : 1-11

Le texte du jour est structuré en trois parties, dont seules les deux premières constituent l’objet de la méditation. D’abord Jean raconte comment Marie, la sœur de Marthe, répand un parfum de très grand prix sur les pieds de Jésus lorsque ce dernier se trouve invité à un repas de fête chez Marthe à Béthanie (versets 1 à 3). Ensuite intervient le dialogue entre Judas et Jésus au sujet de l’interprétation de ce geste (versets 4 à 8). Enfin, le narrateur mentionne que les autorités juives préparent un complot contre Lazare (versets 9 à 11).

Ce récit suit de très près la résurrection de Lazare par Jésus (chapitre 11). Par ce signe, Jésus a clairement manifesté la puissance de sa nature divine. C’est ainsi que de plus en plus de personnes croient en Jésus et décident de le suivre. A la fin du chapitre précédent, Jean dramatise la situation en mettant l’accent sur la décision prise par les autorités juives de faire mourir Jésus (chapitre 11, verset 53). La tension monte, un climat de peur et de suspicion s’installe.

C’est dans ce contexte difficile, qui pose les jalons du récit de la Passion, que se joue une scène bouleversante en même temps que magnifique. L’ambiance de ce repas chez Marthe est très certainement festive. Tous sont heureux de pouvoir fêter la réintégration de Lazare dans la communauté des vivants. Quoi de plus naturel et de plus significatif à cet égard que d’organiser un repas ? Soudain, au beau milieu du banquet, Marie verse un parfum de très grand prix sur les pieds de Jésus, puis l’essuie avec ses propres cheveux. Bien plus qu’une onction d’huile répandue sur la tête du roi comme au temps de l’Ancien Testament, il est question ici d’une onction de parfum fait de nard pur répandu sur les pieds de Jésus le Christ. Marie, avec humilité et respect, ose tout juste effleurer les pieds du Christ. Non content d’offrir ce qu’elle possède de plus précieux, Marie s’offre elle-même toute entière, dans ce geste de soumission, de glorification et d’adoration : aimer ce n’est pas seulement offrir ce qu’on a, mais aussi ce qu’on est. En l’occurrence, ce geste n’est pas simplement une préfiguration de l’embaumement du corps du Christ, tel qu’on a coutume de l’interpréter. Il s’agit de bien plus que cela. En effet, l’odeur agréable du parfum qui remplit toute la maison annonce la diffusion d’une Bonne Nouvelle d’amour universelle.

Mais, à l’instar de presque toutes les fêtes, il se trouve souvent un mauvais convive pour gâcher les réjouissances. Judas, au lieu de percevoir l’éminente beauté du geste, s’arrête à des considérations strictement pécuniaires et relève que l’équivalent en argent de la valeur du parfum aurait pu être consacrée aux pauvres. Judas critique le geste de Marie parce qu’il n’en saisit pas la portée spirituelle et prophétique. Et Jean d’éclairer l’intention réelle de Judas pour éviter toute méprise de la part du lecteur : Il disait cela non parce qu’il se souciait des pauvres, mais parce qu’il était voleur : il tenait la bourse et prenait ce qu’on y mettait (verset 6). Mais Jésus n’est pas dupe. Il prend la défense de Marie en évoquant de façon à peine voilée l’issue tragique de son ministère. Dès lors, l’ambiance sereine et joyeuse a disparu en laissant la place à une conversation lourde de sous-entendus. Les événements vont rapidement s’enchaîner jusqu’au point ultime de la Passion, apogée paradoxale de la puissance de Jésus Christ dans la faiblesse de la mort.

Ce passage met donc en scène deux attitudes possibles face à la personne de Jésus. D’un côté, Marie confesse la suprématie divine du Christ tandis que, de l’autre côté, Judas la renie. Marie entrevoit le sens caché des choses pendant que Judas, en aveugle spirituel qu’il est, l’ignore. Finalement, ce récit nous place, en tant que lecteur, devant une alternative existentielle fondamentale : le choix d’offrir ou non sa vie à Jésus.

Théophile

Autres lectures : Psaume 26, Esaïe 42 : 1-7

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